Enracinement

Asherah et ses prêtresses. Aquarelle, crayons de couleur et feutre pigma. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

Après une semaine traversée dans une brume épaisse, pour cause de sinusite et de manque de sommeil, j’ai repris hier les chemins de lumières avec plaisir. J’ai donc choisi de travailler sur plusieurs aquarelles, plus ou moins réalisées rapidement, au lieu d’une peinture unique et poussée. Quand on ne prend pas le temps, il faut faire des choix pratiques :o)

Enracinement. Voici le thème de la quatrième semaine du troisième cycle des chemins de lumière proposés par Valiel.

L’enracinement. Qu’est-ce que c’est pour moi ? C’est le moyen par lequel je me suis reconnectée au monde pour être réellement moi, une personne complète, ou du moins qui tend à le devenir. Et cela, j’ai pu le vivre quand nous nous sommes installés en pleine nature et lorsque nous avons commencé à élever nos chèvres. Je viens de Paris, j’ai toujours vécu en ville et même si mon rêve était de vivre proche de la nature, il m’a fallu un temps d’adaptation pour me relier à elle. Ce sont les chèvres qui m’ont appris à aimer fureter dans les bois, prendre le temps d’observer et de ressentir en moi ce qui me lie au reste du monde. Elles m’ont poussé à ressentir mon âme reliée à celle du Monde. Et j’ai pu alors commencer à vivre le cycle des saisons intérieurement, naturellement. Cela m’a construit à l’intérieur, m’apportant équilibre et bonheur.

La Maitresse des Animaux à gauche. Mon interprétation à droite.

J’ai ainsi voulu représenter dans ma première aquarelle nos deux chèvres et la terre-mère. Pour cela je me suis amusée à reprendre une représentation d’une Déesse-Mère qui date du XIIIème siècle avant JC : « La Déesse aux Bouquetins », visible au musée du Louvre. J’ai remplacé les bouquetins par nos chèvres et j’ai réinterprété (la supposée) Asherah, cheveux lâchés. C’est un symbole important pour moi car elle me relie à mes ancêtres.

Enracinement. Aquarelle, crayons de couleur et feutre pigma. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

La seconde aquarelle représente pour moi ce que les anglo-saxons appellent le « grounding » et que je pratique (pas toujours sciemment :o)) lorsque j’emmène les chèvres pâturer. Cette technique est conçue pour relier nos propres énergies à celles de la terre. Personnellement, je la trouve incomplète. Quand je m’assois dans l’herbe, je commence par me recentrer, puis je me concentre sur mes liens à la terre mais aussi à ceux que j’ai avec le ciel et le soleil.

Arbre de vie, lune, étoiles, racines et soleil intérieur. Aquarelle et encre blanche.

La troisième aquarelle est un « raté » parce que le fond est trop clair par rapport à un dessin au trait trop fin, réalisé à l’encre blanche. Je la présente néanmoins parce qu’elle révèle ma joie, et aussi, une autre façon importante pour moi d’exprimer sans mot ce que j’ai vécu intérieurement depuis notre installation dans nos montagnes. À reprendre donc !

Publié par

Libellune

La nature et l’art nourrissent mon corps, mon cœur et mon âme.

20 thoughts on “Enracinement”

  1. Je suis contente de voir comme tu as un nouvel élan de créativité ces derniers temps. :)
    D’ailleurs je me posais une question au sujet de ta pratique de l’aquarelle. Perso j’adore ça mais je débute hein et je galère pas mal parce que ça me fait toujours des traits de pinceaux sur ma feuille à cause de la vitesse de séchage de l’eau. D’ailleurs pour faire des dégradés multicolores comme ton arbre je finis toujours par me retrouver avec le trait de jonction lors du changement de couleur. Comment fais tu pour que ça ne se voit pas ? Est ce que tu mouilles ta feuille au préalable ?

  2. Le plus simple serait que je te montre en live mais je vais essayer de trouver les mots justes (je ne pense pas à mes gestes quand je suis dans l’action). Pour le dégradé, je tente d’aller vite et surtout de ne pas charger l’eau trop en pigment. Pour le fond « arc-en-ciel » de l’arbre, j’ai préféré commencer par la couleur la plus claire (c’est le principe de l’aquarelle de toute façon). Je ne mouille pas la totalité du papier au préalable, en revanche, j’essaie de mouiller les prochaines zones avec ma couleur la plus claire et puis je mélange (pour l’exemple en question : jaune très chargé en eau + jaune et vert très clair + vert très clair et vert plus foncé + vert foncé + bleu etc.) Ensuite je reviens sur les couleurs encore bien humides avec un pinceau un peu plus chargé en pigment. Et ainsi de suite. Ce qui en principe ne laisse pas trop le temps aux couleurs de sécher. Pour ce cas précis toujours, une fois sèches, j’ai trouvé les couleurs encore trop claires. J’ai donc tout repris sur le même principe, en prenant garde de ne pas créer de trop gros traits disgracieux. Je pense que ton souci, c’est que tu charges ton pinceau trop en pigment et pas assez en eau :) Mais bon, je ne suis peut-être pas une référence pour l’aquarelle. Mais profs m’ont assez répété que je ne l’utilisais pas *comme il faudrait » :o)

  3. Je crois que je vois ce que tu veux dire. Il vaut mieux repasser plusieurs fois jusqu’à atteindre la teinte que l’on veut plutôt que de trop mettre de pigment dans l’eau ce qui crée ce problème de traits disgracieux. De toute façon les profs qui trouvent que tu ne fais pas les choses de façon académique c’est pas le plus important. Ce qui compte c’est le résultat et que ça te plaise. :)
    Je vais jeter un oeil à ton site et merci de tes conseils ! :D

  4. « Mais mes profs m’ont assez répété que je ne l’utilisais pas *comme il faudrait » :o) »

    Oo mais quelle halu de lire ça! Si toi tu n’utilises pas l’aquarelle comme il faut, qui le fait? Tu as une technique superbe que je t’envie et ce sont tes travaux qui me donnent envie de m’y remettre pour m’améliorer.

    Concernant les dessins de la thématique en cours, j’adore (of course). Et puis les biquettes… Pour plein de raisons tes dessins me parlent terriblement: Nature, arbre, animaux. Mon chakra racine bouillonne quand je vois ça. Tu as si bien su rendre l’apaisement et la beauté des énergies qui sont liées à la Terre, c’est superbe!

    Ce que tu dis sur ton changement de vie me parle tant! Comme je rêve de retourner à la campagne!
    Contrairement à toi,jusqu’à il y a 4ans je vivais dans un petit village à 20 km de Toulouse. A l’époque je trouvais que cela n’étais pas encore assez la campagne. Aujourd’hui je vis sur les boulevards de Strasbourg et je souffre terriblement de la pollution, de la saleté, du manque de verdure, d’animaux… de ne plus pouvoir vivre le passage de saisons de façon aussi intense qu’avant. Nous souhaitons retourner sur les terres de Pyrène mais nos emplois ne nous le permettent pas. le retour à la Terre nous tente, mais nous avons peur de ne pas l’assumer, notamment pour nos vieux jours.
    Je vous admire d’avoir fait cette démarche.

  5. Et bien moi c’est le troisième dessin que je trouve le plus aboutit ^^ Franchement je ne saurais dire pourquoi, je pourrais essayer mais je ne trouverais pas les mots justes, je tournerais en rond, c’était vraiment un ressenti précis. En tout cas je le trouve sublime.
    Je me reconnais dans ta façon de voir l’enracinement.

  6. Lucy, je vous souhaite de trouver une solution pour votre retour à la terre. C’est vrai que ça fait peur de quitter son travail et de faire le pari de changer de vie (en France, le travail à domicile n’est pas encore rentré dans les mœurs). Nous nous sommes dit à l’époque que, si au bout d’une année ça ne marchait pas, nous pourrions toujours revenir sur Paris. Mais voilà, ça va faire trois ans et chaque année passée nous a apporté toujours plus de bonheur ! Nous avons eu des opportunités quand nous avons voulu changer de vie. Je pense que lorsque vous serez « prêts », les circonstances s’y prêteront pour vous aussi :)

    Je suis touchée par tout ce que tu dis ! Et moi, je te réponds tu fais bien de persévérer dans l’aquarelle, tu as le talent et l’imagination ;)

  7. Comme d’habitude, je suis admirative de tes oeuvres. Ta façon si personnelle de retransmettre l’enracinement me parle beaucoup, comme cet aspect incomplet du grounding que je partage : je ne peux concevoir mon lien à la Terre sans un me sentir liée au Ciel.
    Comme je t’envie également d’avoir pu aller au bout de tes rêves…
    Le deuxième dessin est très apaisant, tu auras presque pu le mettre pour le thème « Sérénité ».
    Et contrairement à toi, je ne trouve pas que le troisième soit raté, il est plutôt proche de ce que j’entend par enracinement.
    Encore une fois, bravo.

  8. Le premier dessin m’avait rendu très curieuse, je me demandais pourquoi c’était « enracinement », j’ai adoré comprendre en lisant ton explication ! Quelle belle histoire de chèvres ^^

    Le deuxième rayonne d’une paix qui m’évoque sérénité… et dieu sait que les deux sont liés.

    Le troisième est de toute beauté, j’ai halluciné quand j’ai lu le mot raté ! Oo Baka ! XD Il est peut-être pas contrasté comme tu voulais, mais il n’est pas raté pour un sous… ces couleurs éclatantes sont très puissantes, comme des vagues d’énergie. On sent la joie, moi je sens aussi bien autre chose. Vraiment la connexion et l’harmonie.

  9. J’ai aimé chacune de tes explorations, et beaucoup de tes propos ont trouvé une profonde résonance en moi. J’ai la sensation de quelque chose de paisiblement unifiée en toi, d’une spiritualité ancrée dans la matière, qui s’appuie dessus

  10. C’est gentil mais l’arbre n’est pas très visible. Cela dit, si tu parviens à saisir ce que j’ai voulu exprimer, c’est ça qui compte, d’autant que c’est le seul auquel je n’ai pas réfléchi. J’aime bien quand ça jaillit comme ça ;)

  11. C’est beau ton histoire avec les biquettes et ton interprétation d’Ashérah.
    Dans la deuxième ,je ressens une belle Sérénité et un ancrage à la Terre via le Lierre qui l’entrelace .
    Mon coup de coeur va pour le « raté » (non mais !)
    On dirai une carte de Tarot , le dégradé entre la Lune et le Soleil est magnifique !

  12. Quel riche billet! Ah la la, je suis toujours très touchée de te lire et de découvrir nos points communs! Ah le grouding (que je ne ne nomme pas ainsi ^^) comme toi pour moi c’est aussi être relié au sol et au ciel, soleil, univers… J’ai connu ça pendant ma première préparation à l’accouchement avec ma merveilleuse SF à la voix merveilleuse, puis dans le qi gong, le yoga et maintenant mes danses du féminin sacré… Bref, un « principe » (une évidence plutôt) que je retrouve continuellement depuis que mon corps et mon esprit l’ont découvert!

    Cette Asherah je ne la connaissais pas mais elle fait partie des figures féminines comme je les aime, merci de me l’avoir fait découvrir! Et puis tes chèvres, tes montagnes me plaisent énormément, tout ce qui transparaît en te lisant, quel bonheur! Tu l’instilles dans chacun de tes billets et chacune de tes oeuvres, c’est merveilleux!

    « C’est un symbole important pour moi car elle me relie à mes ancêtres. » c’est-à-dire?

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