Enracinement

Asherah et ses prêtresses. Aquarelle, crayons de couleur et feutre pigma. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

Après une semaine traversée dans une brume épaisse, pour cause de sinusite et de manque de sommeil, j’ai repris hier les chemins de lumières avec plaisir. J’ai donc choisi de travailler sur plusieurs aquarelles, plus ou moins réalisées rapidement, au lieu d’une peinture unique et poussée. Quand on ne prend pas le temps, il faut faire des choix pratiques :o)

Enracinement. Voici le thème de la quatrième semaine du troisième cycle des chemins de lumière proposés par Valiel.

L’enracinement. Qu’est-ce que c’est pour moi ? C’est le moyen par lequel je me suis reconnectée au monde pour être réellement moi, une personne complète, ou du moins qui tend à le devenir. Et cela, j’ai pu le vivre quand nous nous sommes installés en pleine nature et lorsque nous avons commencé à élever nos chèvres. Je viens de Paris, j’ai toujours vécu en ville et même si mon rêve était de vivre proche de la nature, il m’a fallu un temps d’adaptation pour me relier à elle. Ce sont les chèvres qui m’ont appris à aimer fureter dans les bois, prendre le temps d’observer et de ressentir en moi ce qui me lie au reste du monde. Elles m’ont poussé à ressentir mon âme reliée à celle du Monde. Et j’ai pu alors commencer à vivre le cycle des saisons intérieurement, naturellement. Cela m’a construit à l’intérieur, m’apportant équilibre et bonheur.

La Maitresse des Animaux à gauche. Mon interprétation à droite.

J’ai ainsi voulu représenter dans ma première aquarelle nos deux chèvres et la terre-mère. Pour cela je me suis amusée à reprendre une représentation d’une Déesse-Mère qui date du XIIIème siècle avant JC : « La Déesse aux Bouquetins », visible au musée du Louvre. J’ai remplacé les bouquetins par nos chèvres et j’ai réinterprété (la supposée) Asherah, cheveux lâchés. C’est un symbole important pour moi car elle me relie à mes ancêtres.

Enracinement. Aquarelle, crayons de couleur et feutre pigma. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

La seconde aquarelle représente pour moi ce que les anglo-saxons appellent le « grounding » et que je pratique (pas toujours sciemment :o)) lorsque j’emmène les chèvres pâturer. Cette technique est conçue pour relier nos propres énergies à celles de la terre. Personnellement, je la trouve incomplète. Quand je m’assois dans l’herbe, je commence par me recentrer, puis je me concentre sur mes liens à la terre mais aussi à ceux que j’ai avec le ciel et le soleil.

Arbre de vie, lune, étoiles, racines et soleil intérieur. Aquarelle et encre blanche.

La troisième aquarelle est un « raté » parce que le fond est trop clair par rapport à un dessin au trait trop fin, réalisé à l’encre blanche. Je la présente néanmoins parce qu’elle révèle ma joie, et aussi, une autre façon importante pour moi d’exprimer sans mot ce que j’ai vécu intérieurement depuis notre installation dans nos montagnes. À reprendre donc !

Utilisations du Journal Créatif

Oiseau arc-en-ciel. Aquarelle.

La suite de la traduction du Creative Journal !

Tenir un Journal Créatif : les utilisations

Dans le premier volume de son Journal, Anaïs Nin écrit, « Le journal m’a appris que c’est dans les moments de crise émotionnelle que les êtres humains se révèlent avec la plus grande vérité. J’ai appris à choisir ces points culminants parce que ce sont des instants de révélation. »

De nombreux auteurs de journaux intimes rapportent qu’ils ont commencé leur journal pendant une crise ou une transition majeure. Ces périodes sont habituellement marquées par des évènements importants, tels que :

  • l’obtention d’un diplôme
  • la quête ou le début d’une nouvelle carrière
  • se marier ou s’installer dans une relation sérieuse
  • la naissance d’un enfant
  • déménager dans un nouveau lieu
  • la séparation ou le divorce
  • la maladie
  • la mort d’un être cher

Ces évènements sont souvent accompagnés de sentiments profonds tels que la douleur, la perte, le chagrin, la confusion, la colère, la peur, l’insécurité. Dans de telles circonstances, une personne est souvent forcée de faire un peu d’introspection. C’est dans ces moments que la tenue d’un journal créatif peut être extrêmement utile en tant que moyen pour faire le tri des expériences de vie et des sentiments qui semblent accablants.

Bien sûr, on ne doit pas se trouver dans une mini-crise, ni même une crise majeure, pour bénéficier de l’exploration par le journal. Pour certains, il est une part essentielle d’un processus sans fin de croissance personnelle. Il peut être un endroit où exprimer joie, excitation et idées créatives, aussi bien qu’un lieu de refuge dans la tempête. Comme l’a dit un jour l’un de mes étudiants « Mon journal est devenu mon meilleur ami. Je peux tout lui raconter. »

The Creative Journal, the Art of Finding Yourself. Par Lucia Capacchione, Ph. D. Traduction personnelle.

Les formes d’expression du Journal Créatif

M. Pattéthick, incarne des peurs ridicules que je tourne en dérision. Encre aquarelle.

Je poursuis la traduction du Creative Journal. Je suis définitivement fan des idées de l’auteur et de sa capacité à les exposer clairement, sans jamais être directive. Chose rare et appréciable !

Les formes d’expression

Les exercices se font par le biais de différentes formes d’expression :

  • dessins, gribouillis et crayonnés
  • prose et poésie
  • dialogues dramatiques et lettres
  • graphiques et tableaux
  • couleurs, dessins abstraits, images et symboles

Si vous pensez que vous manquez de talents ou de créativité, certaines de ces formes expressives pourraient vous décourager. Prenez courage. Vous n’avez pas besoin d’un talent spécial ni d’une formation artistique pour faire ces exercices. Le but n’est pas de faire de l’art ou de la littérature, mais d’explorer le soi. Vous ne dessinez pas, ni n’écrivez, pour plaire à quelqu’un, ou pour obtenir l’approbation ou répondre à des normes imposées de l’esthétisme, qui vous sont extérieures. Souvenez-vous, le journal est fait par vous, pour vous. Le seul critique que vous devez gérer c’est vous-même.

Bien. La peur de faire quelque chose « d’horrible » peut être vraiment géniale, particulièrement pour les adultes qui n’ont fait aucun dessin depuis le jardin d’enfant. Une série de pages tirée du journal d’un homme illustre clairement cela (images 3-8). Après s’être descendu en flèche lui-même pour avoir fait « d’horribles » gribouillages, il brisa son blocage avec le dessin et fut capable d’exprimer quelques sentiments très profonds en un dessin magnifiquement poignant (image 9).

Image 9 : « Je me sens comme un petit animal sans défense, négligé, qui appelle pour qu’on lui donne amour et attention. »

Mon souhait est que vous vous détendrez et prendrez plaisir dans l’exploration des couleurs, des lignes, des formes, des textures, des images, des symboles et des mots. Laissez sortir jouer votre imagination et découvrez votre style personnel, unique, d’expression. Personne ne peut le trouver pour vous et il est préférable d’apprendre par la pratique.

Il est possible que vous trouviez plaisant le dessin et l’écriture créative une fois que vous vous serez donné la chance de vous y essayer dans une atmosphère sûre et de non-jugement. Nombre de mes étudiants ont découvert des aptitudes latentes pour les arts, à leur plus grande surprise. Bien sûr, si vous êtes déjà un artiste, poète, ou écrivain vous pouvez certainement bénéficier du travail du journal. C’est un excellent outil pour aiguiser les sensibilités et l’acuité. Les carnets de croquis, les carnets intimes et journaux ont été utilisés à cette fin à travers l’Histoire.

J’offre le Journal Créatif comme outil pour votre croissance et développement personnels. Dessinez, écrivez, ou utilisez n’importe quel médium avec lequel vous vous sentez à l’aise. Soyez attentif à ce qui est en train de se passer en vous et choisissez l’exercice qui semble offrir le meilleur canal pour exprimer ces sentiments intérieurs. Certains sentiments ou états se prêtent d’eux-mêmes à l’expression par les arts visuels, d’autres sortent plus facilement avec des mots. C’est à vous de choisir.

The Creative Journal, the Art of Finding Yourself. Par Lucia Capacchione, Ph. D. Traduction personnelle.

Sérénité

Sérénité. Aquarelle, encres aquarelle et dorée sur papier Sennelier. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

Sérénité. Voici le thème de la 3ème semaine du 3ème cycle des chemins de lumière proposé par Valiel.

Ce mot m’a tout de suite évoqué la pratique du Reiki. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le Reiki, il s’agit d’une méthode japonaise de soins énergétiques par impositions des mains. C’est très relaxant… À tel point que les chats l’adorent !

Je ne peux pas faire de traitement sur moi-même sans que notre chat vienne s’installer sur moi. À l’instant où je pose les mains sur mes yeux (première position du traitement), même si le chat est dehors à flâner, il se dépêche de rentrer pour prendre sa dose de détente. C’est pareil lorsque nous donnons des traitements en groupe. Notre chat s’installe systématiquement sur les mains des donneurs. C’est très drôle à voir. Un vrai pot de colle !

Je disais donc que le traitement Reïki est très relaxant, au bout de quelques minutes la sensation de bien-être et de sérénité m’envahit. C’est très agréable. J’ai donc représenté ma position préférée (il y en a une douzaine pour le traitement sur soi, davantage sur autrui), la plus confortable, celle avec les mains derrière le crâne. Avec mon petit monstre sur moi !

Les couleurs que j’ai utilisées sont celles que je préfère : le rouge, le violet et l’or. Par ailleurs, je ne les ai pas employées par hasard. Le rouge représente l’énergie et à travers le violet, cette énergie est tempérée par la sérénité du bleu. Le violet est pour moi une couleur qui symbolise la spiritualité mais aussi l’union du masculin et du féminin, du profane et du sacré. L’or représente à mes yeux le soleil et son énergie bienfaitrice, guérisseuse. J’ai donc retranscrit ma perception du reiki par le biais des couleurs : l’énergie pure canalisée par le spirituel qui mène à la guérison.

Je ne suis pas vraiment satisfaite du rendu de ma peinture mais peu importe, j’ai pris beaucoup de plaisir à représenter mon drogué de chat. Et toute la semaine, j’ai pensé à une peinture que j’ai réalisé il y a quelques années et qui incarne pour moi la sérénité.

Rêverie. Technique mixte sur toile.

Elle non plus n’est pas parfaite, mais je l’aime beaucoup car elle exprime cet état vers lequel nous souhaitons tous tendre de manière permanente et auquel nous goûtons parfois au détour d’expériences spirituelles. Voilà, c’est cela qu’elle m’inspire : elle est en communion parfaite avec le divin !

Tenir un journal créatif

Arbre lunaire. Aquarelle, encre dorée et feutre pigma. Peinture spontanée.

Je poursuis la traduction du livre, The Creative Journal, the art of finding yourself, de Lucia Capacchione.

Qu’est-ce que ‘tenir un journal créatif’ ?

La tenue d’un journal créatif est un outil de croissance personnelle par l’écriture d’un journal, et la réalisation de dessins dans celui-ci. Ce livre, en tant que guide pour la tenue d’un journal créatif, contient une série d’exercices conçus pour vous aider à trouver et aimer votre cher soi. Les exercices peuvent vous aider à :

  • exprimer sentiments et pensées
  • jouer avec de nouveaux moyens d’expression (couleur, images, symboles)
  • faire le tri des expériences en apparence fortuites dans votre vie
  • faire des choix et prendre des décisions de manière plus consciente
  • définir des changements et les mettre en application
  • avoir une image plus claire de votre potentiel créatif et savoir comment l’utiliser
  • gérer les blocages créatifs et les comportements négatifs
  • enrichir votre relation à vous-même et aux autres
  • trouver un sens plus profond à votre vie

Les exercices ont été pensés comme un tremplin pour votre propre croissance et style personnels d’expression. Je les ai organisés tels qu’ils sont généralement présentés lors de mes cours. Cette enchainement a très bien fonctionné pour mes étudiants ; en commençant avec le connu (présent et passé) et, ensuite, en se tournant vers l’inconnu (le futur qui est encore à façonner). Cependant, une fois que vous aurez terminé les exercices, vous êtes encouragés à les utiliser dans n’importe quel ordre qui vous semble bon pour vous. Suivez vos propres inclinations et humeurs. La table des matières liste les exercices par nom et elle est une référence toute prête pour trouver l’exercice qui sert le mieux votre but en tout temps.

Dans la tenue d’un journal, de nombreuses options s’offrent à vous. Vous pouvez :

  • modifier ou développer ces exercices
  • utiliser des exercices venant d’autres sources
  • inventer les vôtres
  • jeter les exercices au vent et vous exprimer spontanément

Il ne s’agit pas d’une méthode mais d’une approche ouverte avec laquelle jouer. Votre journal est un endroit pour vous lâcher, canaliser votre monde intérieur intime sous une forme tangible. La page devient un miroir pour vous voir vous-même plus clairement. C’est aussi un médium pour converser librement avec vous-même.

En commençant par communiquer avec vous-même en privé, vous pouvez ensuite développer votre capacité à communiquer avec les autres. Être clair avec vous-même ouvre la voie pour être plus clair avec les autres sur la manière dont vous ressentez les choses et sur ce que vous pensez, enrichissant vos relations et interactions sociales.

[…]

La naissance du Journal Créatif

Photo : Jim Ruebsamen, Santa Monica Evening Outlook.

Le Journal Créatif est « l’invention », dans les années 70, de l’art-thérapeute, psychologue, auteur et artiste américaine Lucia Cappachione. J’avais envie de partager un peu de son Creative Journal, pour donner un aperçu de ses techniques et puis je me suis dit que son entrée en matière était vraiment belle. C’est de ce travail qu’Anne-Marie Jobin s’est largement inspirée pour faire son livre, ses ateliers, sa formation.

Tenir un Journal Créatif, c’est quoi ?

Comment tout à commencer

Mon propre journal est né durant une période de crise personnelle. J’étais arrivée dans une impasse après avoir traversé une rapide série de changements importants. En quatre ans, j’avais divorcé, déménagé quatre fois, et eu plusieurs jobs différents en free-lance en tant que consultante en design et en éducation. J’élevais également mes deux jeunes filles.

Je sais maintenant que le fruit de sérieuses introspections sont inestimables. Mais l’exploration de soi-même prend du temps, demande de la solitude et du courage. Cela peut être très douloureux. J’avais survécu à quelques années lourdes de crise et réussi à remettre à plus tard ma confrontation avec moi-même. Mais le stress de faire face à tout ces changements me rattrapa finalement et, en 1973, je tombai malade et devins incapable de travailler durant de nombreuses semaines. J’étais pleine de confusion vis-à-vis de la direction de ma carrière comme de ma vie personnelle. Le temps était venu pour moi de m’arrêter et de réfléchir.

Lorsque je tombai malade, les années de douleur et de confusion surgirent tels des monstres primitifs des profondeurs. Je devais faire face à ces « monstres » ou me noyer. Il y eut de nombreuses nuits durant lesquelles je pensai sombrer pour la dernière fois. Je vivais dans la peur de mourir. L’étrange paradoxe, c’est qu’en me confrontant à ma peur de la mort, je me trouvai moi-même et je me créai une nouvelle vie.

Alors que je m’asseyais dans mon lit en m’interrogeant sur comment et pourquoi j’allais me rétablir, j’eus beaucoup de temps pour réfléchir sur ma vie. Je lus beaucoup et dessinai. Je lus L’homme et ses symboles de C.G. Jung et les quatre premiers volumes du Journal d’Anaïs Nin. Ces livres devaient ensuite avoir un profond effet sur mon art, mon travail avec les gens, et ma vie en général.

J’étais particulièrement touchée par les mots d’Anaïs Nin et je sentais qu’elle me parlait directement. En lisant son Journal, je vis que le journal pouvait être un excellent outil pour révéler le Soi, à soi-même, au service de la croissance personnelle. Ainsi, je commençai à tenir un journal et c’est là que je connus la consolation de la libération.

Mon journal débuta comme un compte-rendu de mes sentiments et pensées intimes, un dialogue avec moi-même. En quelques mois, je développai la conscience et le courage de suivre une psychothérapie pour la première fois. Peu de temps après avoir entrepris la thérapie, je commençai à revenir à la vie et, comme je continuais à retrouver énergie et santé, mon mouvement interne se refléta dans les pages du journal. Je commençai à dessiner, à écrire des poèmes, à intégrer des mots et des images organisés ensemble (ndlt : aujourd’hui connu sous le terme de « technique mot-image ») et qui se déversaient sur les pages. Les pages que j’avais rempli de petites et soigneuses lignes d’écriture manuscrite étaient en train d’éclater en des comptes-rendus graphiques et poétiques de mes voyages intérieurs. J’étais bel et bien vivante et je m’exprimais d’une nouvelle manière.

Tandis que je continuais à me déverser dans mon journal, je trouvai spontanément des techniques avec hypersensibilité, aidée par le processus d’introspection, et cela contribua à briser de nombreux blocages. La première année durant laquelle j’ai tenu mon journal, je suis passée de la plus noire dépression à un nuage gris de confusion pour enfin émerger à la lumière du soleil. Tandis que mon œil intérieur s’accoutumait graduellement à la lumière, je pus voir mon futur et marcher avec empressement à sa rencontre. J’étais morte et je renaissais.

Un an et demi après avoir commencé le journal, j’entrai à l’université de psychologie, en troisième cycle, et m’orientai en art-thérapie où je combinai ma formation et mon expérience en tant qu’artiste/enseignante avec un intérêt passionné pour le développement humain. Bien sûr, je continuai à utiliser l’art comme une thérapie dans mon propre journal, développant davantage d’exercices sur les sentiments, les pensées, les souhaits et les projets.

Pendant cette période universitaire, je rencontrai beaucoup de personnes qui tenaient un journal. Avec quelle excitation parlaient-elles du précieux processus de croissance personnelle qu’offre le journal ! Certaines d’entre elles avaient été inspirées par le Journal d’Anaïs Nin, comme je l’avais été moi-même. Je ressentais un profond sentiment de connexion avec toutes ces personnes qui tenaient un journal, et qui étaient en train de s’explorer elles-mêmes, discrètement, dans la solitude, retenues dans les gigantesques magasins de rêves cachés et potentiel créatif.

J’ai commencé à inclure des exercices du journal dans mes groupes d’art-thérapie et mes ateliers de créativité. A ces ateliers, les auteurs de journaux intimes ont surgi en masse de nulle part, ils avaient soif d’idées sur la manière d’utiliser leurs journaux plus productivement, dans un but d’auto-développement créatif. Encouragée par la réponse enthousiaste que j’avais obtenue, je mis en place un cours appelé : Le Journal Créatif : Trouver le Trésor Enfoui à l’Intérieur. Mon premier cours fut sponsorisé par la Y.W.C.A. de Santa Monica. Nous nous rencontrions en petits groupes, faisions les exercices ensemble, et partagions nos réactions et questions. Nous utilisions nos journaux pour libérer nos sentiments, pour faire des auto-évaluations, pour planifier nos carrières et les buts de nos vies, pour construire notre confiance, et dans un but d’expression créative par le biais des mots et de l’art graphique. Par-dessus tout, nous étions en train de développer et de renforcer notre estime de soi et notre pouvoir créatif, et c’est ce qui était le plus réjouissant pour moi. Le cours eut beaucoup de succès et j’ai continué à l’enseigner en privé et dans divers établissements d’enseignement supérieur et autres.

The Creative Journal, the Art of Finding Yourself. Par Lucia Capacchione, Ph. D. Traduction personnelle.

Photo : Jim Ruebsamen, Santa Monica Evening Outlook.

Purification

Mandala Stella, Luna, Sol, Terra. Technique mixte sur papier aquarelle. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

Purification. Voici le thème de la 2ème semaine du 3ème cycle des chemins de lumière proposé par Valiel. La purification est pour moi un processus spirituel qui nécessite de passer par la matière pour aller vers une saine lumière. Pour cela, j’ai besoin des quatre éléments. Et de l’Esprit « Saint ». J’ai réalisé trois mandalas.

Le premier mandala possède en son centre ce fameux Saint Esprit sous les traits du soleil, en réalité c’est son rayonnement qui le représente à mes yeux. Cet Esprit est entouré par les quatre éléments, représentés symboliquement par des outils qui permettent la purification en magie.

L’air est représenté par la fumée d’encens. Le feu est représenté par trois bougies en train de brûler. L’eau est représentée par le calice. La terre est représentée par le sel.

Les lunes reflètent la sainte/saine lumière du soleil.

Dans certaines « traditions magiques », les couleurs associées aux éléments sont le jaune pour l’air, le rouge pour le feu, le bleu pour l’eau et le vert pour la terre. Ici, j’ai inversé les couleurs de l’eau et de la terre, car les images des eaux vertes de l’ouest et des glaciers bleus du nord ne me quittaient pas. J’ai suivi ces visions.

Mandala « Purification par les quatre éléments ». Aquarelle, crayons de couleur, encre dorée & feutre pigma micron. Cliquez ici pour visionner un plus grand format.

J’ai réalisé le second mandala parce que je ne savais pas si je parviendrai à terminer le premier. Parfois, au milieu d’une peinture, il m’arrive de ne pas être satisfaite et de la laisser de côté ou de la jeter dans la corbeille à papier. J’avais envie, en opposition à ma première peinture, de réaliser une image simple. C’était en réalité ma première idée que je voulais coucher sur papier : représenter une femme se purifiant par les 4 éléments (le vent dans ses cheveux, le feu du soleil, l’eau dans laquelle elle se baigne, la terre sur laquelle elle est assise et le sel de la mer), et la lumière du soleil, de la lune et des étoiles (du ciel et de la mer/mère.) Le troisième mandala reprend cette idée.

Mandala inachevé. Aquarelle sur papier Arches.

Le troisième mandala est cours. A vrai dire, je ne sais pas si je le terminerai. Je n’aime pas les arbres. Mais la perspective de faire tournoyer un nuage autour du personnage central me réjouit beaucoup… Peut-être, le recommencerai-je de zéro. Je ne sais pas encore !

Le cycle de la créativité

Sainte Moumoute de la Créativité, prions pour Elle. Portrait de l’un de mes vils félins. Crayons de couleur et feutre à encre pigmentée. :)

Cela fait un bon moment que j’avais envie de poster cet extrait du Journal Créatif d’Anne-Marie Jobin. J’aime beaucoup le passage qui compare notre créativité aux cycles des saisons. Je me suis souvent interrogée sur mes « pannes » créatives. Étaient-elles normales ? Et puis lorsque nous avons emménagé à la campagne, j’ai lâché prise. De toute façon, je n’avais pas le temps de me concentrer là-dessus, entre les travaux de la maison et la beauté de nos montagnes. C’est à ce moment là que j’ai réellement vécu chaque saison qui passait. J’ai alors compris que ces cycles créatifs étaient naturels, et puisque j’en avais la possibilité, je pouvais reprendre mes pinceaux lorsque l’inspiration reviendrait. Cette liberté m’a fait du bien et j’ai été étonnée de voir naitre ponctuellement de nouvelles peintures, joyeuses, sereines et colorées. Je sais à présent qu’il m’est nécessaire de m’accorder du temps et du repos lorsque le moment se fait sentir. Je pense cependant qu’il est également sain de stimuler la graine de l’inspiration régulièrement, sans urgence, tout en douceur, car l’inaction prolongée nous empêtre dans des questions inadéquates : est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? N’est-ce pas une perte de temps que de peindre ? Je suis nulle, mes dessins sont mauvais, pourquoi m’obstiner ? Etc. (En vérité, la vraie question est : pourquoi me priverai-je de peindre si cela me rend heureuse et épanouie ?) Une fois embourbé là-dedans, il est plus difficile de remettre le train en marche. La clef réside sans doute dans le fait de savoir faire la différence entre le reflux nécessaire de notre créativité et la paralysie induite par le Censeur qui réside en nous.

Mais peut-être est-ce différent pour les autres artistes ?

Voici l’extrait :

Le Cycle de la Créativité

Il y a plusieurs théories au sujet du cycle de la créativité, mais la description que j’ai retenu est encore celle de Clarissa Pinkola Estès. Le cycle de la créativité est un cycle naturel où l’énergie monte et redescend continuellement. On retrouve ce même mouvement dans la nature. Les saisons, ainsi que toutes les plantes, en témoignent. Voici les différentes phases telles que décrites par Pinkola Estès*.

Prenons l’exemple d’une plante dont la graine dort sous la terre, en incubation. Le sol qui se réchauffe au printemps la pousse à remettre en branle son processus de croissance. C’est l’étincelle et la naissance. Puis la plante croit jusqu’à un point culminant, soit la fleur et le fruit, en général en été. En automne c’est le déclin, mais la plante met toute son énergie dans ses graines qu’elle répand avant de mourir. Les nouvelles graines sont en incubation jusqu’au printemps suivant.

Pour les humains, c’est un peu plus complexe. Il semble que l’on ait tendance à vouloir contrôler la nature et ainsi on se bat contre le cycle nature. Il y aurait deux difficultés liées au cycle de la créativité, toujours selon Pinkola Estés. La première est d’accepter le fait que l’énergie monte et redescende. On n’aime pas la phase de déclin. On voudrait toujours être dans l’excitation de ses projets, quand ils coulent et coulent, quand ça fonctionne bien. On refuse les nécessaires passages à vide. On se maintient exalté de force parfois, en négligeant ses autres besoins ou en s’intoxiquant de stimulants ou de drogues diverses. Certains artistes sont restés dans la phase d’exaltation durant des années pour ensuite en payer le prix. On a vu beaucoup de génies créateurs avec des vies très déséquilibrées. Ils et elles ont sacrifié certains aspects de leur vie, par exemple leur santé physique ou leurs relations personnelles, pour leur création. Certains diront que ces sacrifices en valaient le coup, mais à mon avis il est de beaucoup préférable pour la qualité de vie générale d’essayer de s’abandonner au cycle naturel de la créativité, de suivre ses mouvements et ses accalmies.

La seconde difficulté dont parle Pinkola Estés est d’arrêter de bloquer le flot naturel de la créativité. Il faut cesser de polluer la rivière avec nos croyances négatives et nos peurs, avec nos doutes ou un perfectionnisme malsain, avec les critiques impitoyables que nous nous infligeons ou que nous acceptons de recevoir des autres. Polluer la rivière, notre force vitale, a un prix énorme : anxiété, fatigue chronique, dépression, toxicomanies, etc. Ces façons de réagir sont souvent une protection que nous avons érigée contre nos souffrances intérieures et, en ce sens, elles servent à quelque chose, si ce n’est qu’à soulager temporairement l’inconfort. Mais du même coup, elles nous vident de notre énergie vitale. Vient donc un moment où il faut choisir entre le confort du connu et notre vitalité.

* The Creative Fire (2 cassettes, Louisville, CO, Souds True Publishing, 1993.

Mandalas : réalisation d’images spontanées à l’intérieur d’un cercle

Mandala lunaire. Encre aquarelle, crayons de couleur.

Une nouvelle traduction sur un sujet qui me passionne. Le texte confirme certains de mes propres ressentis vis-à-vis des mandalas.

Mandalas : réalisation d’images spontanées à l’intérieur d’un cercle

Le Cercle est une forme naturelle pour travailler dans le cadre de l’art-thérapie parce qu’il a été un support visuel important à travers l’histoire humaine, s’étendant jusqu’à l’origine de l’univers. La spirale de la Voie Lactée, les planètes en orbite autour du soleil, et le mouvement de la lune dans le ciel rappellent la présence constante des cercles. Lorsque nous étions enfants, nous avions découvert que nous pouvions utiliser un crayon pour faire des formes circulaires, des courbes qui serpentent, des lignes incurvées et des spirales. C’est une étape universelle du développement artistique, que tout enfant normal à travers le monde expérimente. C’est également notre premier saut en avant majeur dans la réalisation d’une image. Lorsque nous gribouillons notre première forme circulaire avec un feutre ou un crayon, il peut s’agir d’une des toutes premières représentation du Soi.

Les formes circulaires dans l’art sont souvent appelés mandalas. En sanskrit, le mot mandala signifie « cercle sacré », les cultures orientales ont utilisées des mandalas spécifiques pour la méditation visuelle durant de nombreux siècles. Le Kalachakra du bouddhisme tibétain, également connu comme la Roue du Temps, est probablement l’un des mandalas les plus connus et il illustre symboliquement l’entière structure de l’univers. Les mandalas sont perçus comme étant des hologrammes du cosmos aussi bien que des cartes de la conscience individuelle. Les mandalas et les formes circulaires ont été utilisés traditionnellement au cours des cérémonies religieuses au sein de nombreuses cultures. Par exemple, le peuple Navajo dans le Southwest construit des mandalas de sable dans le but de traiter les maladies. Ces mandalas sont assez grands pour contenir le patient et sont créés conjointement avec des rituels de purification incluant des chants sacrés.

On attribue à Jung l’introduction du concept des mandalas dans la pensée occidentale. Il avait remarqué que ses patients créaient souvent spontanément des dessins de cercle, et il utilisait le mot mandala pour les décrire. Il avait eu une profonde expérience personnelle des images de mandala vers la fin de la première guerre mondiale, il créa sa première peinture de mandala en 1916, et en dessina de nombreux autres entre 1918 et 1920. Il croqua chaque matin dans un carnet un petit dessin circulaire, un mandala, qu’il sentait correspondre à sa situation intérieure du moment. Jung croyait que les mandalas indiquaient une unification des opposés, qui servaient d’expression du Soi, et représentait une personnalité dans son entièreté.

Le mandala a été désigné comme étant le reflet de la psyché d’une personne à un moment donné et une représentation d’un potentiel de changement et de transformation. Nombreux sont ceux qui croient que lorsqu’une image de mandala survient spontanément au cours de rêves ou de réalisations artistiques, il s’agit d’une indication du mouvement vers ce que Jung appelait « l’individuation », ou auto-réalisation. Jung pensait également que les gens créaient des mandalas et rêvaient d’images semblables à des mandalas pour compenser désorientation et expériences traumatiques. Il constata des exemples dans ses travaux clinique, tels que les enfants dont les parents étaient divorcés et les schizophrènes dont les perceptions étaient confuses et embrouillées. Il croyait que l’image du mandala était encodée à l’intérieur de tous les êtres humains et reliée à notre besoin de résoudre conflits et dilemmes. En d’autres mots, lorsque quelqu’un est confronté à l’intégration et à la synthèse de choses opposées, ces dernières peuvent être dessinées sous la forme d’une image de mandala à travers rêves et travaux artistiques spontanés.

Extrait du livre « The Art Therapy Sourcebook » par Cathy A. Malchiodi. Traduction personnelle.

Aube

L’Aube. Techniques mixtes sur papier Arches.

Voici le thème du 3ème cycle des chemins de lumière proposé par Valiel. J’hésitais au départ entre personnifier l’aube et réaliser un mandala abstrait. J’ai choisi la première option mais en la représentant dans un cercle. J’avais envie d’évoquer la ligne claire du soleil levant sur l’horizon (halo autour du personnage) mais aussi l’illumination intérieure (qui vient du cœur).